Gardez votre motivation au top

La réussite dans l’apprentissage d’une langue étrangère est souvent liée à la “motivation”.

C’est ce processus interne qui donne l’énergie, la direction et la persévérance.

En d’autres termes, c’est la force mentale qui vous fait agir sur la durée.

En effet, étudier une nouvelle langue demande du temps et du dévouement.

Même lorsqu’on sait que parler couramment une autre langue donne accès à de multiples opportunités, offre des bénéfices santé à tout âge, sans compter les bénéfice sociaux, intellectuels et philosophique… Pourtant, malgré toutes ces raisons et leur bénéfice évident, l’abandon en cours de route est la raison numéro 1 des échecs dans l’acquisition des langues.

Bien entendu, chacun a des objectifs personnels pour se lancer dans ce voyage exceptionnel, par conséquent le degré de motivation va varier de personne en personne.

Cependant on va retrouver, certaines similarités :

Au début de l’aventure, on avance la tête haute et la poitrine gonflée d’enthousiasme.

Mais au bout d’un certain temps, l’excitation s’affaiblit et l’apprentissage se fait occasionnel jusqu’à son arrêt définitif.

On a toujours l’impression que ce cas de figure ne s’applique qu’aux gens paresseux, en réalité c’est un phénomène auquel peut faire face tout apprenant.

La différence, c’est que ceux qui réussissent à parler couramment une langue en partant de zéro, ont développé des stratégies pour passer les obstacles.

Ces stratégies permettent de transformer une “traversée du désert à pied avec une gourde vide” en voyage de croisière somptueuse pour découvrir des paysages d’une beauté sans pareille.

Nous allons voir quelques stratégies qui ont été développé consciemment ou inconsciemment par ceux qui sont arrivé à maîtriser au moins une langue distante comme le chinois par exemple.

Pour mieux appliquer ces stratégies, nous allons d’abord voir les facteurs de la motivation et leurs impacts.

La motivation par rapport aux capacités personnels

Au fil des essaies de différentes méthodes, types de classes ou de différentes écoles, il y a une leçon très importante que j’ai retenu. C’est que dans les langues, même un pas dans la mauvaise direction est mieux que pas de pas du tout !

Même si on fait une action qui est incorrecte, au moins on a avancé dans une direction et apprit des choses sur la route.

Par la suite, à force de modifier l’approche, on finit par obtenir ce qu’on veut.

Nous avons tous des choses que nous aimerions faire ou accomplir.

Mais pour beaucoup, la plupart du temps ces choses restent dans leur tête.

L’idée de ces rêves peut les motiver et les gonfler à bloc ou même les effrayer car le changement de situation, qui est une part d’inconnu, peut être dissuasif.

Dans un cas comme dans l’autre, ils ne passent pas à l’action.

C’est pour cette raison que le dicton “le savoir c’est la force” est une illusion.

En réalité, le savoir est un potentiel.

Le savoir est surpassé par l’exécution.

Chaque personne a sa manière de fonctionner.

Cette manière de fonctionner c’est comme un programme dans notre tête qui nous dit comment on est supposé réagir dans telle situation et comment on est supposé comprendre telle information.

Ces programmes ont été intégré dans notre cerveau il y a de nombreuses années en arrière. Certains durant l’enfance ou d’autre acquis lors de situation stressante ou par répétition de certaine attitude qui se sont fossilisé dans notre esprit.

Parfois ces programmes peuvent nous rendre service en nous renforçant et ils peuvent aussi jouer en notre défaveur.

Ils peuvent entraîner des conflits intérieurs qui nous limitent.

Par exemple :

“personne dans ma famille ne parle une autre langue, ce n’est pas dans nos gènes, je n’y arriverai jamais”

“je dois parler exactement sans aucune faute et sans accent comme un natif, sinon les autres vont me juger

”C’est ce genre de conflits intérieurs qui peut vous tirer en arrière.

Si vous avez déjà été sur le point d’accomplir quelque chose d’important pour vous, pas nécessairement en relation avec les langues étrangères, et que vous l’avez gâché, c’est très probablement parce qu’à l’intérieur de vous-même, quelque chose vous a limité.

Aujourd’hui il n’y a pas une seule discipline qui ne fait pas appel à la psychologie.

L’Institut National du sport de l’expertise et de la performance (INSEP) assure un suivi psychologique de ses sportifs.

La délégation française aux Jeux olympiques a aussi des athlètes qui sont suivis par des psychologues pour leur donner un mental d’acier. Aucune discipline n’est épargnée : Athlétisme, natation, judo, etc.…

Et pour nous “athlètes des langues” sachez qu’il y a une branche de la science qui est spécialisée dans l’étude de la motivation dans l’apprentissage d’une langue étrangère.

Donc, oui, très clairement, nous avons un statut spécial !

Parmi les entraîneurs, certains coachs considèrent que la réussite c’est : 80% de psychologie et 20% de technique !

Bien entendu, il ne faut pas mal interpréter ce concept.

Une bonne technique est très importante.

Mais si on pas la bonne façon de penser, si on n’a pas la bonne psychologie, on ne va pas appliquer la technique correctement.

Ainsi la psychologie fait partie des outils des apprenants de langue.

Plus la langue cible est lointaine, plus cet outil prendra de l’importance.

Donc pour les langues asiatiques comme le chinois, cela peut faire une énorme différence dans vos résultats.

La salle de classe ou le Pub ?

R.C. Gardner suggère que l’apprentissage d’une Langue Seconde ne peut pas être uniquement expliqué par l’aptitude des gens ou leur compétence à l’acquérir.

En d’autres termes, le fait que vous ayez une bonne mémoire ou que vous soyez plutôt doué pour apprendre ne sont pas les seuls facteurs qui décident si vous allez arriver à parler une nouvelle langue.

Pour lui, il est important de tenir compte des contextes culturels, qui influencent l’attitude et la motivation des gens à apprendre une autre langue culturellement distincte.

C’est-à-dire que vos amis, collègues de travail, famille, votre environnement, l’endroit où vous vivez, etc. vont avoir une influence sur votre envie d’apprendre d’autres langues.

Ce facteur est d’autant plus intéressant quand on constate que certaines personnes réussissent à acquérir une autre langue alors qu’il semble que leurs compétences sont inférieures à la moyenne. C’est tout l’impact de la motivation.

Ainsi, une personne douée mais pas motivé sera moins performante sur le moyen terme qu’une personne qui est clairement mauvaise mais qui est très motivé.

Dans la théorie de Gardner, la motivation va avoir un impact dès le premier pas dans la salle de classe ou dès qu’on est en contact avec la culture (avec les gens du pays) ou un endroit représentatif de la culture (temple, Bar, fête, maison de the, etc.)

Très tôt ces facteurs vont agir sur la motivation de l’apprenant et sur sa performance.

Que faire au niveau débutant ou “la crique du pendu”

Je sais que ce titre de paragraphe sonne un peu dramatique, mais c’est pour dire à quel point les enjeux du stade débutant sont importants.

Tout d’abord, le plus évident c’est parce que vous construisez les fondations de votre langue.

Donc utilisez les matériaux qui vous donnent de bonnes bases bien solides, ne bâtissez pas une cathédrale sur des sables mouvants.

Car à ce stade, l’objectif est de quitter le plus tôt possible le niveau débutant.

Quoi ???  Allez-vous me dire !

‘’On vient de dire que les fondations sont importantes, et maintenant il faut bâcler les bases ??’’

Je vais être plus clair ici.

Certes, les bases sont importantes.

Nous sommes d’accord qu’une étude consciencieuse est une clef de la réussite.

Mais avancer rapidement ne veut pas dire faire les choses à moitié.

En finir rapidement avec le niveau débutant est important pour les raisons suivantes :

  1. En tant que débutant, vous ne pouvez pas encore vraiment faire des choses amusantes avec la langue, il est donc plus facile d’abandonner.

Dès que votre niveau vous permet de suivre les émissions de télévision, de lire les sites Web, d’avoir des conversations avec les gens, bref de vivre et profitez de la langue, à ce moment-là, vous n’abandonnerez pas.

2 Si vous décrochez ou faite une pause pour une raison ou pour une autre,

Arrivé au niveau intermédiaire ou avancé, il y a déjà une partie des informations qui seront en vous. Le jour où vous voudrez vous y remettre, ça reviendra très rapidement.

Par contre si vous faites une pause quand vous êtes au stade débutant, vous allez tout oublier.

Donc le niveau débutant c’est là où il faut étudier de manière très assidue.

Dès que vous arrivez au niveau intermédiaire, vous pouvez y aller plus cool.

Dans toutes nouvelles activités, on a tendance à être plus motivé au début, ça tombe bien car comme nous venons de le voir, c’est le moment le plus critique. Donc nous partons avec un avantage.

Les facteurs de motivation

Pour obtenir le meilleur de sa motivation il faut imaginer le problème sous deux angles :

  • Ce qui détruit ou affaiblit votre motivation
  • Ce qui augmente ou maintient votre motivation

Pour utiliser au mieux les stratégies qui vont suivre, il est nécessaire d’identifier les facteurs qui cassent votre volonté ou qui vous découragent pour mieux s’en prémunir.

Le psychologue Robert l. Burden et le professeur universitaire Marion Williams ont synthétisé dans un tableau les facteurs de motivation les plus pertinents pour l’apprentissage d’une langue étrangère en classe.

Ils sont divisés en 2 catégories :

FACTEUR INTERNEFACTEUR EXTERNE
Intérêt propre de l’activité :Entourage
•Éveil de la curiosité
•Parents
•Enseignants
•Parents
•Enseignants
•Pairs
Valeur perçue de l’activité :Nature de l'interaction avec les autres :
•Pertinence personnelle
•Valeur attendue des résultats
•Valeur intrinsèque attribuée à l'activité
•Expériences d'apprentissage médiatisées
•La nature et la quantité de commentaires
•Récompenses
•Nature et montant des éloges appropriés
•Punitions, sanctions
Sens de l’agencement :Environnement d’apprentissage:
•Causalité
•Contrôle du Processus et résultats
•Capacité à fixer des objectifs appropriés
•Confort
•Ressources
•Heure de la journée, semaine, année
•Taille de la classe et de l'école
•L’éthique de la classe et de l'école
MaîtriseContexte plus large
•Sentiments de compétence
•Conscience de développement
•Maîtrise dans le domaine
•Auto-efficacité
•Réseaux familiaux élargis
•Système éducatif local
•Conflit d'intérêts
•Normes culturelles
•Attentes et attitudes de la société
Concept de soi
•Conscience réaliste des forces et faiblesses personnelles dans les compétences requises
•Définitions personnelles et jugements de réussite et d'échec
•Souci d'estime de soi
•Impuissance apprise
Attitudes
•À l'apprentissage des langues en général
•À la langue cible
•À la communauté et à la culture de la langue cible
Autres états affectifs
•Confiance
•Anxiété, peur
Âge et stade de développement

La technique du blindage

La stratégie du blindage permet de servir un double but : prémunir et renforcer

À l’image d’une voiture blindée, les balles ne vous causent pas de dommage et vous continuez d’avancer.

Il y aura toujours quelqu’un pour donner son opinion sur quelque chose, et généralement c’est négatif.

On ne s’en rend pas compte immédiatement, mais à la longue, des commentaires négatifs vont agir comme une érosion de votre motivation

Cela peut prendre des formes plus ou moins évidentes mais ce qui ne vous tire pas vers le haut, vous fait stagner ou peut vous tirer vers le bas.

Donc rentrer dans votre bulle et ne prêtez pas attention aux opinions négatives des autres. Si ils le faut, arrêter de fréquenter ou de contacter momentanément certaines personnes afin de ne pas laisser leur paroles rentrer dans votre espace de pensée.

Faites ceci jusqu’à ce que vous ayez atteint un degré significatif de réalisation dans votre plan de base.

Cela peut être par exemple obtenir le HSK niveau 2 en Chinois ou le TOPIK niveau 2 en Coréen, etc.

Avec un petit élément de réussite personnelle vous aurez quelque chose de concret dans les mains pour vous rappeler que si vous avez accompli ça, vous êtes capable d’aller plus loin.

La boussole à la main

Prenez une feuille de papier et écrivez 8 raisons qui vous motivent à apprendre le chinois.

(Le papier est mieux qu’un fichier Word sur votre ordinateur car une feuille n’est pas virtuelle, il y a quelque chose de concret en face de vous.  

Et c’est votre main qui couche sur le papier votre propre empreinte personnel. Cela permet de mettre du sens dans vos actions.)

Ne vous arrêtez pas avant d’en trouver 8 et si vous en avez encore plus, écrivez-les aussi.

Lisez chaque raison une fois le dimanche toutes les deux semaines et à volonté lorsque les doutes ou tensions se font plus intenses.

Lorsque vous avez un coup de mou, relisez cette liste pour vous rappeler pourquoi vous apprenez cette langue et le bonheur et les avantages que vous en tirerez.

Ça vous permettra de garder le cap !

Savez-vous comment manger un éléphant ?

Réponse : une bouchée à la fois

Pour garder la motivation ou pour l’amplifier, être conscient de ses progrès est une chose primordiale.

De tous les besoins de l’être humain, sentir qu’on progresse est au cœur de notre psychologie.

Suivant cette logique, il vaut mieux faire un peu chaque jour mais achever la tache a chaque fois. De cette manière on a le sentiment de progresser.

Alors que vouloir faire trop mais qu’au fil de temps rien n’est achevé, alors on est démotivé car on a l’impression qu’on n’arrive à rien.

Comment mettre en pratique ce conseil ?

Vos premières histoires

La lecture est un moyen d’avoir :

-du plaisir (à condition de lire quelque chose qui nous intéresse)

-un moyen de constater notre progression

Cependant la lecture n’est pas aussi facile que les langues avec des alphabets.

Pour accéder à la lecture en chinois, il faut déjà connaître un certain nombre de caractères, sinon on ne pourra rien faire du tout.

Donc pour un débutant ou intermédiaire, prendre n’importe quel livre au hasard et commencer à lire c’est comme essayer de surfer un tsunami alors qu’on sait à peine flotter.

Impossible de mener l’opération a bien si on n’a pas au minimum atteint le premier seuil d’accès à la lecture (PSAL).

C’est pour cette raison que des livres adaptes ont été créé.

Un choix de caractères judicieux et il y a aussi des notes culturelles pour aider le lecteur à mieux comprendre le contexte.

Ces livres ont été spécialement créé pour permettre à chaque niveau de lecteurs de lire des histoires entières.

Même si vous lisez juste une page par jour, à la fin de l’année vous avez lu 365 pages.

C’est l’équivalent de deux mémoires de master en langues étrangère. C’est plutôt pas mal!

Le seul ombre au tableau c’est que ces ressources sont très limitées. Si vous souhaitez apprendre ou lire quelques choses sur des sujets très généraux, ça fera l’affaire, mais dès que vous voulez lire quelque chose sur un sujet en particulier vous n’allez pas pouvoir trouver d’ouvrage.

Donc ça va vous servir de petites roues, le temps de forger un vocabulaire et une connaissance des caractères suffisante pour ensuite lire des documents destine aux chinois natifs.

Quand vous aurez terminé le livre, vous allez vous sentir tellement fier d’avoir lu un livre entier en chinois.

En plus votre premier livre, ça se fête !

Pour célébrer, allez au restaurant chinois avec quelques amis et commandez quelques plats en chinois pour briller un peu en société, vous le méritez bien !

Des histoires par niveaux

Si appréciez l’option de vous faire la main sur des livres adaptes, si vous aimez la fiction, alors bonne nouvelle, il y a plein d’éditions différentes.

Le contenu des histoires est assez large, il y en a pour tous les goûts : histoires de Sherlock Holmes, histoires contemporaines et traditionnelle chinoise, etc…

Voici quelques références :

Graded chinese reader.

Comme bien souvent, il y a plus de ressources en langues anglaises que française. D’une certaine manière ça vous permettra de travailler deux langues d’un coup comme Emil Krebs. Il faut toujours voir le verre à moitié plein. 😊

La lecture est un plaisir mais aussi le meilleur excercice pour avoir un maximum de “compréhensible input”
Les indications sont une aide très pratique auquel on a pas droit dans un livre classique

Histoires courtes pour débutants en chinois :

Du côté français on trouve quelques ouvrages, mais généralement pour un publique débutant.

Cet ouvrage est simple et direct. L’histoire, le vocabulaire et la traduction en français.

Éditions broché moins de 10 euros, donc parfaitement abordable.

Les enfants aussi passent par des étapes intermédiaires avant de lire des publications normales, en L2 nous sommes tous des enfants, nous devons donc commencer avec des matériaux abordables.

16 Petites Histoires Chinoises à Lire

Bon ouvrage pour améliorer sa lecture en lisant des histoires. Convient à ceux qui se prépare à passer le chinois au bac.

On peut aussi se référer au cadre européen via les niveau A1-2 B1-2 C1-2 comme pour cet ouvrage.

The Chairman’s Bao

C’est un site web d’informations, qui vous donne accès a des nouvelles qui ont été faite sur mesure pour correspondre aux différents niveaux de HSK.

The chairman’s Bao a des articles équipés d’un dictionnaire qui vous permet d’avoir la définition du mot que vous ne comprenez pas juste en pointant votre curseur dessus.

Accéder à des matériaux authentiques suivant son niveau est très motivant

Bonne lecture !

Et n’hésitez pas à partager quels sont vos lectures préférées dans les commentaires 😊

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

About the author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *