5 facteurs pour un échange linguistique réussi

échange linguistique positif
échange linguistique positif

Personnellement, j’ai adoré faire des échanges linguistiques, je trouve que c’est une des méthodes les plus naturelles et qui donne des résultats palpable si ils sont bien conduit.

Si vous trouvez de bons partenaires d’échanges, ça peut vraiment être les cours de langues les plus excitants que vous n’ayez jamais eu.

J’avoue qu’au début j’ai douté de l’efficacité du concept et que de manière générale je reste sceptique sur certaines méthodes. Mais celle-ci, imême après de longue periode sans pouvoir l’utiliser a cause de certains aleas (à mon grand regret), je me rends compte de ses bénéfices et constate à quel point ça a été efficace.

Tout d’abord, ce qui m’a le plus séduit, c’est ce côté « interactif ».

Aucune application (APP) dans le monde ne peut faire mieux que ça.

J’ai quelqu’un en face de moi qui essaie de me m’expliquer une idée ou un mot en utilisant une langue étrangère et à grand renfort des dessins, mimiques, sons, etc.

Et si je ne comprends pas, la personne va essayer une autre façon de faire passer l’info. À ce moment-là, apprendre devient un jeu ! il n’y a pas de pression, et le focus est à 100% sur l’autre.

Si vous souhaitez progresser via des échanges linguistiques, voici quelques points à respecter pour avoir un échange de qualité :

Choisissez des gens avec l’esprit ouvert

Pour pouvoir utiliser l’approche naturelle dans plusieurs échanges linguistiques, je ai découvert qu’il y a cependant pas mal de challenge.

Tout d’abord, quand j’ai commencé à apprendre le coréen, la première étape était de trouver une communauté Coréenne pour passer mon message : celui de trouver des natifs pour échanger ensemble.

Un endroit où j’en avais rencontré c’était à l’université Donghua à Shanghai. Je m’y suis rendu et effectivement chaque semestre, il y a énormément d’étudiants qui viennent participer à des programmes pour apprendre le chinois. J’ai même était choqué de voir la proportion de Coréen par rapport aux étudiants des autres pays.

J’imagine que c’est sans doute en rapport avec les villes jumelles ou les pays les plus proches des universités d’échanges. Car quand j’étais à l’université de Xi An, il y avait beaucoup d’élèves du Kazakhstan, Tadjikistan, des élèves de Mongolie extérieurs. Maintenant à Shanghai ce sont les élèves Coréens et Africains qui sont les plus nombreux.

En bref, j’étais bien parti pour trouver les personnes que j’avais besoin, ou du moins c’est ce que je croyais…

Quand on cherche des partenaires de langues, c’est la loi du nombre qui est importante ici. Ainsi je suis allé parler à tous les Coréens que je voyais. Peu importe le sexe ou l’âge, j’exposais mon projet à tout le monde et je prenais les numéros de téléphone.

En fait, j’ai remarqué que les Coréens qui avaient de 35 à 50 ans, n’étaient pas du tout ouvert aux échanges linguistiques. Ils trouvent ça bizarre, ou ne sont intéressés que pour leur enfant mais pas pour eux.

J’ai passé pas mal de temps à leur expliquer les fondements de la méthode et les avantages mais rien à faire, ça ne les intéressait pas ou il ne comprenait pas en quoi ça pouvait leur être utile… Ne vous laissez pas décourager par ce genre de personne ! Passez à une autre. Dans votre tête, dites vous simplement ‘‘Tu ne fais pas l’affaire. Suivant !’’. Et trouvez quelqu’un qui est plus ouvert, plus optimiste et suffisamment curieux pour essayer des choses nouvelles.

Il vous faut une pipelette

Fort de cette expérience, je me suis tourné vers les étudiants plus jeunes. À ce moment-là, les numéros on commencé à pleuvoir. C’était génial, les jeunes étudiants étaient super-ouverts et prêts à apprendre n’importe quelle langue. Ils trouvaient ça super de pouvoir trouver des heures supplémentaires pour pratiquer une langue étrangère et de manière gratuite. Il y a même une fille qui trouvait que mon Chinois était vraiment bon et elle souhaitait que moi, un Français, fasse un échange Chinois-coréen avec elle ! J’avoue que je ne comprenais pas comment en étant en Chine elle ne l’aurait pas fait avec un Chinois, mais apparemment elle n’avait pas réussi à se faire de relation avec des locaux et du coup l’échange avec moi l’intéressait. J’admire les gens qui ne ratent pas une opportunité de vouloir s’améliorer.

Ainsi, j’ai organisé des rencontres avec tous ces étudiants pour commencer les échanges linguistiques.

À ce moment-là on se rend compte très vite que la personnalité de votre professeur/partenaire va beaucoup influencer la qualité de votre échange. Et même si la timidité n’est pas un défaut à proprement parlé, cependant il peut être un handicap.

– Les personnes timides parfois ont peur de s’exprimer. Vu que lors d’un échange linguistique, la clef c’est justement d’avoir un maximum de contact avec les sons et la langue cible, si votre partenaire s’exprime peu, ça va être très dur. Le mieux c’est d’avoir une vraie pipelette !

Plus la personne aime parler et décrire les choses, mieux ça sera.

La clef pour l’exposition

– Il va arriver bien des fois, et peut-être même tout le temps, qu’une idée, un mot, une phrase, une règle ne passe pas ou ne soit pas compris du premier coup. Ce qui est parfaitement normal. Ainsi votre partenaire devra vous l’expliquer ou du moins vous le faire comprendre d’une autre manière.

Votre partenaire va donc devoir se creuser la tête pour trouver d’autres exemples, utiliser d’autres mots, amorcer les explications sous un autre angle, etc.

C’est justement la chose la plus intéressante et la plus enrichissante car :

  1. Ça vous expose à une plus grande diversité de vocabulaire et habitue votre oreille à une plus grande richesse de sons
  2. Au travers des exemples et de l’approche de votre partenaire/professeur, vous pouvez aborder l’angle par lequel cette culture perçoit le monde. C’est une chance unique.
  3. Cela garde votre attention au plus haut degré. En effet, une sorte de curiosité et de suspense s’installe car on essaie de savoir là où votre professeur veut en venir. C’est encore plus puissant quand vous abordez les histoires ou les films lors de vos leçons. Quand vous commencez à avoir un niveau suffisant pour comprendre des informations de base et que quelqu’un vous décrit le début d’un film, votre curiosité et a son comble et vous voulez connaitre la suite. C’est à ce moment là qu’apprendre deviens un plaisir.
  4. C’est plus fun ! Vous ne savez pas à quoi vous attendre, les explications sont originales et vous sortent des exemples bateaux ennuyeux, en bref il y a plus de couleurs dans vos échanges.
échange linguistique en extérieur
échange linguistique en extérieur ça marche aussi

Il est donc indispensable que votre professeur possède de l’imagination et puisse utiliser différentes approches originales sinon vous allez perdre de l’intérêt. Et l’intérêt dans les langues c’est primordial ! C’est l’équivalent du kérosène pour un avion. Sans lui, vous ne décollez pas.

Formez votre professeur

Si la personne ne vous reprend pas sur vos erreurs car elle a peur de vous vexer. Si elle se contente de quelque chose d’inexacte car elle ne veut pas se déranger sur des détails qui ont de l’importance ou par peur de vous contrarier, alors il va falloir lui expliquer ce que vous attendez.

Ainsi au premier cours ou en début des séances, expliquez ce que vous attendez et comment vous aimeriez que l’échange se déroule.

L’idéal, et ça sera souvent le cas si vous utilisez les méthodes et les recommandations de ce blog, c’est que l’autre personne n’aura pas une idée aussi concrète ni une méthodologie claire de comment elle souhaitera procéder et apprendre.

Ainsi dans la plupart des cas, elle utilisera votre façon de faire.

Donc vous aurez l’opportunité d’initier l’échange et commencerez par être le professeur vous-même. L’autre verra dans l’action l’attitude et la façon de gérer l’échange. Naturellement elle adoptera les mêmes manières que vous et vous obtiendrez ce que vous attendez.

Il y a aussi une autre manière que vous pouvez utiliser, c’est avoir une petite vidéo qui montre un échange tel que vous le concevez. De ce côté-là, j’ai eu un peu de chance car j’avais un ami qui avait lui aussi fait un échange pour apprendre le Coréen et qui avait pris l’habitude de filmer ses échanges. Par la suite j’ai juste pris quelques passages et j’ai fait un petit montage de 2 minutes.

Lorsque je trouvais un nouveau partenaire pour les échanges, je lui montrais la vidéo en premier, ensuite je commençais l’échange par enseigner moi-même. Quand venait son tour, la personne avait déjà tout sous la main pour pouvoir être efficace tout de suite.

Location…Location, location

Si vous êtes étudiant, vivez dans une résidence universitaire et faites un échange avec un étudiant étranger sur le campus, le rapport temps investi et bénéfice est extrêmement bon.

Vous avez des classes vides à disposition, une distance très réduite entre votre lieu d’habitation et le lieu ou vous allez faire l’échange, idem pour votre partenaire et bénéficiez de tout le système de cafeteria à prix réduit car universitaire( ce qui est bien pratique quand on aime siroter un café ou un thé pendant l’échange.)

Bref, vous avez tout sous la main et pouvez économiser beaucoup de temps et d’énergie.

Sachant que tout le monde n’a pas la possibilité d’avoir un tel environnement, et que chacun a des moyens différents, voici quelques règles qui m’ont bien servi:

Choisissez un lieu calme ou vous pouvez vous entendre et où vous ne serez pas dérangé.

une table et deux chaise
une table et deux chaise, pas besoin de plus

Toute pièce vide avec une table et deux chaises peut parfaitement faire l’affaire. Une salle de réunion, une cuisine, etc. Cela n’a de limite que votre imagination et que votre partenaire accepte l’endroit.

Je sais que pas mal de monde fait ça dans des cafés comme au Starbucks, mais personnellement c’est l’endroit que j’évite absolument.

D’abord on est rarement seul, notre attention peut-être attiré par les autres clients, ensuite le fait que d’autres personnes peuvent nous écouter parler quand on ne maitrise pas la langue, ça peut être très gênant et bloquer certaines personnes.

Mes endroits préférés si je ne peux pas accéder à une salle de classe ou de réunion, c’est chez moi ou a mon bureau. Car je maitrise l’environnement. En effet personne ne vient m’interrompre, je coupe le téléphone et si c’est l’hiver je contrôle la temperature du climatiseur comme ca m’arrange. En bonus je peux faire autant de thé que je veux.

Et en matière de gain de temps dans les transports, il n’y a pas mieux. Évidemment, pour l’autre ce n’est peut-être pas aussi pratique, mais si votre partenaire ne peut pas fournir un lieu aussi commode, peut-être que ça peut se négocier.

Couper la poire en deux. Mais pas de n’importe quelle manière !

Une fois sur deux, préférez aller chez l’autre et la prochaine fois, votre partenaire vient chez vous. Ne vous rejoignez pas au milieu ! Pourquoi ?

Tout d’abord il va falloir trouver un endroit commode, ça risque de demander du temps et ce n’est pas sûr que chaque fois vous y trouviez les mêmes conditions.

Il semble être une bonne idée de gagner du temps en se rejoignant au milieu, mais regardons la situation sous l’angle suivant :

Admettons que vous ayez 45 minutes de métro pour aller chez votre partenaire d’échanges linguistique. Si nous trouver un endroit au milieu donc ça vous prendrait disons environ 22 minutes.

Quelle tâche faisable dans le métro pourriez-vous accomplir en 22 min ?

Personnellement, j’ai trouvé que ça ne m’avantageait pas.

Par contre, admettons que j’ai 45 min de métro, c’est un laps de temps qui est relativement standard pour accomplir des tâches importantes et utiles. Donc j’utilise ce temps pour répondre à des mails sur mon téléphone ou si je peux ouvrir mon ordinateur, lire des choses dont j’ai besoin (rapport, livre, agenda), revoir un cours, préparer un plan de réunion pour le travail, etc.

Un plan que je faisais souvent c’est : 45 minutes de révision de chinois dans le métro, 5 minutes de marche jusque chez mon professeur (c’est la pause en mouvement), 1h30 de s échanges linguistiques Coréen-français, 5 minutes de marche retour au métro (deuxième pause en mouvement), 45 minutes de révision de japonais et 5 minutes de marche pour arriver chez moi, ce qui me sert aussi de pause en mouvement. Au final quand j’arrive chez moi, j’ai achevé mon quota journalier de révision dans 3 langues. Je suis libre de passer à autre chose.

Ces quelques règles sont pour moi très importantes si on veut établir un échange linguistique de qualité sur le long terme. Au sein de cet article l’idée était de voir comment créer le minimum vital de conditions adéquates.

L’organisation interne de l’échange mérite un autre article.

Et vous, dites-moi comment se sont passes vos échanges ?

Comment ces quelques suggestions ont fonctionné pour vous ?

Avez-vous des anecdotes ou des manières différentes de vous organiser ?

N’hésitez à les partager dans les commentaires, car connaissez-vous le proverbe suivant : « celui qui veut aller plus vite, y va seul, celui qui veut aller plus loin y va avec les autres »

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