Développer ingénieusement votre vocabulaire chinois

Quel est la compétence la plus importante à développer dans les langues ?

La prononciation ?

La grammaire ?

En fait en chinois, c’est acquérir les caractères avec le vocabulaire !

C’est la mission numéro 1.

Dans l’antiquité, les lettrés chinois devaient passer sous l’apprentissage d’un maitre pour apprendre les milliers de caractères, expressions et enrichir leur vocabulaire lors des premières années d’apprentissage.

Hormis l’image romantique de l’époque où les temps d’apprentissage n’étaient rythmés que par un bâton d’encens qui se consumait et au bout duquel on devait avoir retenu une série de caractères, on peut voir que le focus n’était pas tellement la compréhension ni l’analyse critique mais plutôt couler les fondations de l’écriture et de la lecture.

En effet, une phrase même avec des verbes mal ou pas conjugués mais avec tous les mots précis pour désigner les choses en question permet plus de conversation que de faire des phrases bien construite mais avec un trou tous les deux mots à cause d’un manque de vocabulaire.

Ainsi, aujourd’hui on trouve des listes de vocabulaire, et avec un peu de chance elles sont classées par thématiques, ou même des cartes mémoires toutes prêtes, cependant, ces méthodes sont-elles vraiment efficaces ?

Est-ce que privilégier la relation entre mot et contexte ne permettrait pas une meilleure rétention car les associations seraient plus claires ?

Une méthodologie organisée et ciblé ne serait-elle pas plus productive ?

Nous allons tenter d’y voir plus clair

Des mots, bien sûr, mais sur mesure

Si vous avez le dictionnaire le petit Robert ou le Larousse sous la main, si vous ouvrez à n’importe quel endroit, connaissez-vous tous les mots sur les deux pages ?

Évidemment non.

Mais puisque vous êtes francophones, pourquoi ne connaissez-vous pas tous ces mots ? Tout simplement car vous n’en avez pas besoin.

Mais comment décidez-vous quels mots vous devez connaitre et quels mots ne vous sers à rien ?

Car ils sont reliés avec vos objectifs.

Ainsi quand vous vous préparez à apprendre le chinois, la japonais ou tout autre langue qui vous plaît, il y a une question fondamentale que vous devez vous poser c’est : dans quel but j’apprends cette langue ?

Par exemple, si vous avez décidé d’aller en vacances deux semaines visiter l’ouest de la chine dans des centres historiques comme Xi An ou Chengdu, vous aurez surtout besoin de savoir comment réserver des hôtels, demander les prix des choses que vous souhaitez acheter, prendre des informations sur les horaires, les destinations, sur les conditions sanitaires, etc.

Cependant si votre objectif c’est de venir effectuer une mission de contrôle qualité dans un port de chine pour le compte de votre entreprise, vous aurez plutôt besoin de savoir maitriser des termes comme “ conteneur, papier d’importation, le vocabulaire spécifique à la marchandise, etc”

Si vous êtes un danseur et que vous venez pour donner un stage de danse contemporaine, il faudra certainement que vous puissiez décrire les parties du corps, et des mots de mouvements comme : “circulaire, déplacement du centre de gravité, connexion, plier, etc”

À ce stade vous voyez où je veux en venir. Il est plus efficace de cibler le vocabulaire qui va réellement vous être utile. Encombrer votre mémoire avec un vocabulaire qui ne vous servira jamais c’est moins de place pour du vocabulaire dont vous aurez besoin et qui peut vous manquer au final.

Caractères VS mots, les plus Courants VS les plus Utilises

Maintenant que vous avez décidé de commencer par le vocabulaire et déterminer dans quel domaine vous allez l’utiliser, il reste à affiner les mots qui vous seront le plus utile au moins au départ.

Sur internet il y a des listes qui ont été créé par des logiciels informatiques qui ont compilé par fréquence les 100, 200, 500 ou 1000  caractères les plus fréquemment utilisés dans la langue chinoise.

La base de cette compilation a tenu compte des caractères et mots qui apparaissent dans la presse, dans les magazines, dans les transcriptions de programme télévisé, article sur internet etc. Cependant ici il y a deux choses à prendre en compte. La différence entre caractères et mots.

Parfois un mot est la combinaison d’un ou plusieurs caractères. Donc parfois vous apprenez seulement un nouveau mot, mais en même temps vous apprenez plusieurs nouveaux caractères. Et l’inverse est vrai. Parfois vous connaissez tous les caractères, mais la nouvelle combinaison vous permet d’apprendre plusieurs mots nouveaux.

Donc si votre objectif c’est de préparer un voyage en chine dans un avenir très proche, alors privilégiez les mots.

Ainsi, suivant le temps dont vous disposez et suivant vos objectifs vous allez pouvoir utiliser toute la liste tout de suite ou l’agrémenter de termes plus probables. Il nous faut donc trouver ces termes.

Si votre objectif c’est le HSK ou l’amélioration de votre niveau, si vous connaissez moins de 1500 caractères, alors votre objectif c’est d’apprendraient les sinogrammes.

Le concept du “budget de mots”

L’idée ici c’est de cibler de manière plus pertinente ce dont vous allez avoir besoin.

J’ai un ami cuisinier qui avait trouvé un emploi en chine, il ne parlait pas un seul mot.

Son environnement c’était donc la cuisine. À ce stade il connaissait les menus qui sont à préparer mais il peut y avoir des requêtes spéciales, un problème en cuisine, des aliments ou des ingrédients qui manquent, etc. Donc on a une idée des choses qu’on aura besoin mais en fonction de l’évolution de la situation, il y aura d’autres besoins et donc d’autres mots à connaitre.

Tout comme un budget, nous allons faire une prévision et établir un budget un peu plus large pour pallier les imprévus.

Ceci est votre budget de mots.

Maintenant qu’on a le plan, quels outils ou stratégie peuvent mettre en œuvre.

A l’aise dans son environnement

Le vocabulaire qu’on maitrise le mieux c’est le vocabulaire qu’on rencontre sur une base journalière et qu’on utilise sur cette même fréquence. Dans cette optique de choisir du vocabulaire pertinent, on va mettre deux règles en place :Première règle, on ne s’intéressera qu’au lieu et environnements que vous allez rencontrer dans le cadre de vos objectifs.

Deuxième règle, on doit connaitre le vocabulaire de nos outils et de ce qui nous entoure.

Pour reprendre l’exemple de mon ami cuisinier, dans son domaine même si les connaissances de production des aliments sont une partie du métier pour mieux choisir, la priorité c’est la cuisine, donc au début, se focaliser sur son lieu de travail ; la cuisine.

Ensuite il faut savoir nommer tous ses outils, la technique utiliser a été “l’étiquette sur la petite cuillère”.

Dans toute la cuisine, il a écrit des post-it sur tous les instruments. Les couteux, les cuillères, les louches, les casseroles, les placards, les salles, les pots, dans le frigo sur les aliments, etc .

Cette technique a deux avantages, c’est qu’il y a une connexion d’un mot avec un environnement en plus d’utiliser nos 5 sens. Mais en plus au fur et à mesure qu’il collent les étiquette partout, il peut constituer une liste de tous ces termes.

Quel outil de traduction choisir ?

Si vous êtes seul le jour où vous faites ce recensement, alors utiliser le dictionnaire est le seul choix.

Pour la langue chinoise, j’avoue que j’ai toujours beaucoup d’affection pour le plus complet de tous les dictionnaires de chinois et surtout pour les francophones, c’est-à-dire le dictionnaire le Ricci.

Mais vue la taille de l’outil (la Bible passe pour un livre de poche à cote :), aujourd’hui à l’heure des tablettes et des outils numériques, ce n’est pas forcément la plus pratique.

Certains dictionnaires en ligne sont vraiment pas mal. Même s’il faut prendre des précautions avec google traduction qui dépanne mais est vraiment trop approximatif.

La bonne nouvelle c’est que depuis peu, le Ricci est en version numérique aussi mais il vous coutera environ 65 euros à renouveler tous les 5 ans je crois.

Mais sinon, je vais vous révéler ma botte secrète.

Si je suis seul et que j’ai un gros doute sur un mot, je fais ma recherche dans deux dictionnaire, généralement le Ricci et le 现代汉词典 (dictionnaire classique de chinois) et je tape le mot dans 百度图片 ou google image pour confirmer ce qui va sortir et voir si ça correspond bien à ce que je cherche.

Aussi, quand vous en avez la possibilité, une bonne chose c’est de repasser votre liste au crible avec une personne native à vos côtés, car suivant votre environnement et vos objectifs, les nuances dans la dénomination des choses peuvent être importantes.

Par exemple dans notre exemple de la cuisine, peut être que pour le mot “poêle” suivant le dictionnaire que vous utilisez vous ne trouverez qu’un mot générique comme 锅 Guō en chinois. Cependant 锅 signifie également  casserole, marmite, etc   
Donc si vous en avez la possibilité, faites-vous confirmer les mots par un natif lors de la traduction de vos termes.

Les autres moyens

Ces méthodes ne sont pas les seules, et ne sont pas gravées dans le marbre. Le mot d’ordre c’est surtout de trouver des moyens qui vous correspondent et qui s’adaptent à ce que vous voulez en faire. Avec la richesse d’internet vous trouverez des fiches de vocabulaire sur des domaines précis, des exercices de vocabulaire sous forme de jeux, des memos d’expressions, etc.

Le seul point que je retiens ici c’est plutôt le concept qui entoure la démarche : déterminer l’objectif, ce qui donnera un cadre. Puis établir le vocabulaire en relation avec ce cadre.

Apres chacun est libre d’utiliser les ressources qui lui conviennent.

Dernière étape

Au fil de cet article, nous avons vu qu’un élément clef pour augmenter son vocabulaire c’est de créer ses propres fiches de vocabulaire personnel.

En effet on retient mieux les choses qui ont une relation avec nous et que nous utilisons souvent.

Pour ça, personnaliser ses outils est un moyen qui permet de multiplier par 3 la quantité de vocabulaire mémoriser.

Une fois que le vocabulaire est déterminé et qu’on a la traduction adéquate, il ne reste plus qu’à l’utiliser souvent pour mémoriser sans s’en rendre compte.

Une fois bien en tête, petit à petit il est possible de continuer à enrichir son vocabulaire en suivant la même démarche que dans cet article en essayant de mettre en relation les prochains thèmes avec les précédents, un peu comme une toile d’araignée mentale.

Ce qui fait que le vocabulaire précédent est toujours sollicité car l’environnement sera en connexion ou proche.

Et il y a une chance que les termes soient suffisamment proches pour avoir plus de facilité à les mémoriser.

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