Apprendre le Coréen en 12 mois garanti !

Est-il possible d’apprendre la langue asiatique de son choix sans une instruction formelle ?

Y a-t-il un moyen pour apprendre même si on ne va pas dans une école ?

Bien sur 12 mois c’est très court et il ne faut pas s’attendre à parler comme un ministre ou comme le plus fin des lettres après une période aussi courte, mais si vous arriviez à tenir une conversation, échanger des points de vue, vous faire comprendre dans toutes les situations, seriez-vous content avec ça ?

Faut-il être plus intelligent, plus doué que la moyenne, être un génie ?

Est-ce qu’une personne normale peut y arriver ?


Êtes-vous prêt à connaitre les secrets pour y parvenir ?


Permettez-moi d’abord de me présenter pour ceux qui ne me connaissent pas :
Je suis Jean-Marc Gérard, j’ai 35 ans, vis en Chine depuis 2009 et je dirige une entreprise d’import export. Je suis aussi l’auteur de deux autres blogs, L’odyssée du thé (Prendre plaisir à connaitre et déguster les thés) et Carrière Académie (Plein potentiel pour trouver l’emploi qui vous convient).

GÉRARD Jean-Marc

Je suis un amoureux des langues et plus particulièrement : les langues asiatiques.

Pour les langues que je parle lis et écrit très couramment il y a le français, l’anglais, le chinois mandarin et l’espagnol. Dans le passé j’ai eu aussi une initiation au Japonais et au Thaïlandais.

Mais depuis un moment j’ai entendu parler d’une nouvelle manière d’apprendre les langues qui va à l’encontre de tout ce qu’on enseigne depuis des décennies.

Comment apprendre une langue étrangère en 12 mois ?

Avez-vous entendu parler d’ “input hypothesis”? Il s’agit d’un concept émis par des linguistes Canadiens dans les années 1970 et rendu plus populaire dans la communauté linguistique par Stephen Krashen. Le concept fondamental de cette hypothèse est qu’il y a une différence entre  « l’acquisition d’une langue »  et «l’apprentissage d’une langue ».

Et vous allez me dire : D’accord, mais quelle est la différence ?

L’acquisition est un processus inconscient alors que l’apprentissage est un processus conscient puisqu’il nécessite une démarche volontaire, celle d’apprendre.

Le processus inconscient est le fait d’apprendre une langue sans forcer les informations à rentrer dans notre tête, en respectant la vitesse naturelle d’absorption des données dont notre cerveau est capable. Ce type de méthode garantirait un apprentissage plus rapide et plus durable pour arriver à parler une langue étrangère.

Pour donner un exemple. Les bébés apprennent de cette manière. Ils apprennent ‘‘spontanément’’ une langue. C’est ce que les linguistes appellent : ‘‘la saisie compréhensible’’.

Une saisie compréhensible, c’est généralement ce qu’on absorbe quand on grandit dans n’importe quelle culture. La langue que nos parents utilisent pour communiquer avec nous. Y compris la langue que les autres adultes et autres enfants autour de nous utilisent.

En revanche, ‘‘Apprendre’’ c’est une superposition consciente des règles de grammaire pour rationaliser la langue. Donc ici on n’absorbe pas la langue de la même manière qu’on la fait quand on était enfant.

A l’âge adulte, quand on apprend une autre langue étrangère on peut aussi l’acquérir en vivant dans la culture de la langue cible, en interagissant avec les locaux et petit à petit absorber toutes ces règles.

Si on réfléchie, dans une salle de classe traditionnelle, c’est complètement l’opposé qui se passe. En effet, on donne des règles de grammaire à mémoriser par cœur et on s’attend à ce que les élèves puissent les appliquer lorsqu’ils vont parler leur nouvelle langue.

D’après des recherches faites avec des groupes de tests et des groupes témoins, il a été démontré que les élèves dont l’apprentissage d’une langue est basé sur la grammaire sont surtout efficaces pour des tests écrits de grammaire. Autrement dit, la grammaire est compliquée à apprendre et difficile à utiliser correctement dans un cadre social verbal. 

Donc on pourrait se demander comment les bébés apprennent la grammaire.

approche naturelle- bébé qui apprend
Et si nous apprenions comme quand nous étions bébés?

En fait les bébés n’apprennent pas la grammaire, ils l’absorbent naturellement. Les enfants parlent déjà leur langue natale avant de rentrer à l’école et avant même de savoir écrire. Nous sommes tous passé par là.

D’ailleurs si vous étiez comme moi quand vous aviez 7 ou 8 ans, les cours de grammaire à l’école primaire, c’était synonyme d’ennui. Je n’y ai jamais fait attention et je crois que j’ai jamais autant dessiné de toute ma vie que pendant ces cours là.

En réalité, des études * montrent que nous n’avons jamais vraiment appris la grammaire. La seule grammaire que nous connaissons vient de l’écoute et de la lecture et qui sont les réels facteurs qui ont corrigé notre langage.

En fait, il paraît qu’étudier trop de grammaire à des effets contre-productifs. En effet quand on étudie trop la grammaire, en face d’une situation réelle, ce qui va venir en premier dans notre tête c’est la grammaire, et ceci va ralentir et interférer la capacité de créer naturellement un discours.

Et nous en sommes la preuve vivante. En français avant de poser une question ou de répondre à quelqu’un, est ce qu’on se pose la question de savoir si le verbe auxiliaire est bien conjugué, que le complément d’agent est bien a sa place et que l’attribut du sujet …. Etc… Non ! On ne réfléchit pas, on parle directement. Pensez-vous que vous pourriez parler aussi rapidement et naturellement si vous analysiez grammaticalement chaque phrase que vous dites ?

Méthode de langue

Si on jette un coup d’œil au rayon langues étrangères dans n’importe quelle librairie, on s’aperçoit vite qu’il y a une bonne centaine de méthodes différentes.

Or à la vue des éléments mentionnés au début de cet article, il serait mieux et plus efficace d’apprendre de la même façon que les bébés.

Donc y-a-t-il une méthode qui serait proche de la façon dont les bébés ou les enfants apprennent une langue ?

Et la réponse est : Oui !

Il y a une méthode qui s’appelle « l’approche naturel » mis au point dans les années 1970 par deux docteurs en linguistique qui ont conçu une méthode pour acquérir une langue étrangère d’une manière similaire à comment les bébés apprennent leur langue natale.

Mon projet est donc d’apprendre une autre langue asiatique via cette approche et voir si j’aurai plus de facilité à l’assimiler que la première. Apprendre une langue est une activité qui est très enrichissante mais qui demande du temps et de l’engagement, donc je tiens à faire les choses sérieusement. Ainsi je m‘y prépare comme si j’allais escalader une montagne. C’est-à-dire avec une bonne boussole, un équipement adapté et le bon état d’esprit. J’espère seulement que la météo sera bonne J

Mes raisons pour faire ce défi :

  • Dans ma vie j’ai quelques passions dont deux très importantes : la danse (tango argentin, West Coast Swing) et l’Asie. Parler une langue asiatique supplémentaire enrichira ma connaissance de l’Asie.
  • Au niveau professionnel, maitriser une nouvelle langue c’est des opportunités supplémentaires. En chine il y a beaucoup d’occidentaux, mais ils ne parlent pas tous chinois, et le fait que je le parlais plutôt bien m’a permis de trouver du travail plus rapidement, d’avoir des rôles dans des films, séries télévisées chinoises, d’être animateur dans des enchères , et ouvert pas mal de portes ici et là. Donc je suis curieux de voir qu’est-ce que cette nouvelle compétence va pouvoir apporter. Aussi aujourd’hui le marché du travail est de plus en plus difficile, donc pouvoir agir sur plusieurs marchés donne plus de garantie. Beaucoup d’économistes s’accordent à dire que le siècle qui vient sera le siècle asiatique, donc je pense être dans le bon créneau.
  • Parce que je suis un autodidacte, dans ma vie j’ai souvent eu plus de résultats et accompli beaucoup de choses en les étudiants par moi-même, et j’adore apprendre. Je suis arrive jusqu’au  master de Chinois mais quand que je suis arrivé en chine, quand j’ai pris mon premier cours de chinois, j’ai rien compris du tout. Je me suis senti complètement perdu. Il y a beaucoup de choses que j’ai découvertes par moi-même en travaillant, étudiant et en me formant.
  • Parce que toutes les chances étaient contre moi. J’ai grandi dans une famille où on ne parlait que le français. Quand j’étais au collège, j’étais l’avant-dernier de la classe en anglais et en allemand (le dernier il venait jamais en cours..). Il y a même une prof qui avait dit à mes parents que les études ce n’était pas pour moi. Donc de la où je suis parti et arriver où j’en suis maintenant, je pense que je peux tout accomplir.
  • Parce que l’Asie est si différente de l’occident, ça m’a ouvert un monde et des possibilités extraordinaires. Envisager la vie et bon nombre de solution sous un angle différent ça décuple la créativité. Il y a des gens qui ont eu un impact incroyable dans ma vie et que je n’aurai jamais pu rencontrer si je n’avais pas su parler leur langue.
  • Parce qu’apprendre une langue supplémentaire, en écrire la progression et la poster ici alors que je travaille plus de 70 heures par semaine, et que j’aimerai un minimum de temps pour une vie personnelle sans faire un « burn out » représente un défi en soi.
  • Depuis longtemps j’ai conservé beaucoup de livre sur l’organisation personnelle, l’organisation du temps, etc. j’ai toujours voulu utiliser ces techniques. C’est l’occasion parfaite pour m’en servir.
  • Parce qu’on a qu’une vie, alors autant que ça Rock N’Roll. Avoir la vie de monsieur et madame tout le monde ça m’intéresse pas. J’ai besoin d’une vie qui porte des couleurs. Riche de découverte, de saveurs lointaines et d’expérience. Donc un défi c’est un excellent moyen de s’améliorer, d’aller encore plus loin.

Enfin, pour partager cette aventure avec d’autres aussi passionnés par les langues et la culture asiatique. Notamment en écrivant sur le chinois mandarin et en décrivant mon apprentissage des autres langues asiatiques de manière claire et concise.

Gyeongbokgung (palais Gyeongbok)
Gyeongbokgung (palais Gyeongbok)

Comment choisir la langue et comment je vais m’organiser ?

  • L’année dernière je suis allé assister à un Congres de WCS à Seoul, c’était la première fois que j’allais en Corée et je suis tombé sous le charme. J’avais eu envie de commencer à apprendre, mais de retour en chine, je croulais sous de nouveaux projets et j’avais mis de coté. Récemment je rencontre pas mal de coréens, donc je me dis que c’est un signe, un coup du destin, donc cette fois je m’y mets vraiment !
  • Trouver des natifs Coréens pour faire des échanges linguistiques et avoir un maximum de ‘’saisie compréhensible’’.
  • Trouver des ressources pour apprendre le système d’écriture Coréen car même si je vais centrer mon apprentissage via l’approche naturelle, je voudrais aussi savoir lire et écrire le Coréen dans un second temps. Mon objectif est double : tester la fiabilité de cette approche et à la fin de ces 12 mois, être capable d’être 100% indépendant dans un environnement complètement Coréen et être capable de tenir une conversation de 30 minutes à un débit moyen avec un Coréen natif. Et j’envisage un voyage à Seoul a la fin du défi pour faire le test et célébrer l’événement si ça marche. Tout au long de l’aventure, je décrirai ici ma progression en Coréen et continuerais de partager aussi sur le chinois mandarin.
  • J’aimerais bien supprimer de mon emploi du temps toutes les taches inutiles, mais je suis déjà dans un mode de vie minimaliste de ce côté-là : je ne regarde plus la TV depuis des années, pas de jeu vidéo, etc…  Je ne vois qu’une solution : améliorer mon efficacité dans mes tâches quotidiennes pour les réaliser plus vite et utiliser le temps gagné pour mon nouveau projet. J’espère bien que les méthodes de management du temps vont pouvoir me servir 
  • Je vous ferai régulièrement sur le blog un petit topo sur mes progrès et sur les techniques que j’utilise quotidiennement pour le challenge.
  • Apprendre, apprendre, apprendre. On peut avoir les meilleures méthodes, le meilleur environnement mais si on ne passe pas à l’action, ça sert à rien. Donc apprendre et pratiquer sera le mot d’ordre.

Voilà pour le cadre.

Je souhaite que mon défi démarre au 1er décembre. Mais je commencerai dès que j’aurai trouvé au moins 2 personnes pour faire des échanges linguistiques avec moi. Ce qui me laisse une semaine pour lancer les recherches. En attendant, je continuerai de publier des articles sur le chinois mandarin.

drapeau sud Coréen
drapeau sud Coréen

*la lecture volontaire était le meilleur prédicateur de la performance de la grammaire subjonctive

-Stokes, Krashen,Kratchner, 1998

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