8 mythes sur le chinois mandarin

“S’il avait su que c’était impossible, il n’aurait pas réussi !”

1er année en fac dans la section langue et civilisation chinoise, un élève, Christophe, lève la main et pose la question au professeur qui était le chef de tout le département d’études de chinois :

“Monsieur ! Comment bien il faut de temps pour parler le chinois ? 

Ce professeur était une petite personnalité dans le milieu des sinisants de l’époque et il était aussi une personne qui a bien les pieds sur terre. Celui-ci lui répond sans l’ombre d’une hésitation :

“10 ans, et avec au moins deux séjours en Chine de plusieurs mois”

L’élève, par la suite, a eu le raisonnement suivant :

“Aujourd’hui j’ai 21 ans, dans dix ans j’en aurai 31, s’il faut que j’attende tout ce temps-là pour maitriser cette langue ce n’est pas rentable.”

Quelque temps plus tard, il quitta le département d’études chinoises.

Ceci est une histoire vraie qui s’est déroulé il y a plus de 15 ans, j’ai connu les deux personnes.

Le jeune homme et sa réaction, à tort où a raison, ne sont pas le sujet. Mais la leçon de cette histoire c’est que le professeur, avec tout le respect qu’on lui doit, a donné une réponse qui est vraie pour quelqu’un comme lui.

Avec ses capacités à lui, et avec les outils de son époque.

La réponse d’une personne est limitée par l’expérience de celle-ci. Ce n’est jamais une vérité absolue écrite dans le marbre, quelle que soit la réputation de cette personne.

Pour ma part quand j’ai commencé à étudier le mandarin, je n’avais aucune connaissance sur la culture ni sur la langue chinoise et je ne me suis pas posé plus de question que ça, j’ai juste suivi ma curiosité.

Par conséquent aucun préjugé ne s’est mis en travers de ma route.

Aujourd’hui, pour ceux qui n’ont pas eu cette chance, je voudrais partager mon expérience sur l’apprentissage de cette langue et casser 8 mythes sur le chinois mandarin en espérant que cela apportera un point de vue intéressant pour les personnes qui ont peur de se lancer ou qui hésitent à apprendre une langue asiatique.

8 mythes sur le chinois mandarin

Mythe 1 : Vous pouvez atteindre un niveau de compétence élevé en chinois seulement si vous commencez durant l’enfance。

L’Occidental le plus connu parlant un mandarin proche de celui des natifs c’est le fameux Canadien Mark Rowswell ou par son nom chinois « Dashan 大山 ».

Il a commencé le mandarin quand il est entré à l’université. Ce n’était donc plus un enfant mais un jeune adulte. Ce simple fait peut répondre à la question. Mais allons un peu plus loin.

Des études démontrent que les adultes et les enfants ont chacun des qualités que l’autre n’a pas et vice-versa.

Mais il est montre que les adultes apprennent généralement à peu près aussi vite que les enfants et peut-être même plus vite car apprendre une langue est avant tout une question d’association neuronale. Les enfants ayant peu d’expérience ne peuvent pas associer aussi facilement ou autant de chose qu’un adulte peut le faire avec toute son expérience de vie.

Aussi les adultes ont plus l’habitude de se motiver et de discipliner, par conséquent ces qualités leur permettent de rivaliser sans problème avec les plus jeunes.

Et pour les ceux qui sont en âge avancé, apprendre une langue lointaine devrait être prescrit comme un médicament, car c’est une cure de jouvence pour le cerveau !

D’ailleurs c’est un merveilleux préventif naturel et peu cher contre Alzheimer

Pour revenir à nos moutons, le seul gros avantage d’un enfant c’est que s’ils apprennent étant bébé ou avant 5 ou 7 ans, ils auront encore l’opportunité se parler sans accents. Passé cette période, l’accent est très dur à modifier.

Mais un petit accent ça a du charme, autant l’utiliser à son avantage. 😊

On pourrait ajouter aussi que les enfants ont moins de préjugés. Personne ne leur laisse entendre que le mandarin est soi-disant trop complexe. Par conséquent ils n’ont pas de croyance limitante et peuvent avancer normalement.

Oubliez les stéréotypes et vous avancerez aussi vite sinon encore plus vite qu’eux.

Mythe 2 : On a besoin de capacités de mémoire exceptionnelles pour apprendre le vocabulaire chinois.

L’anglais et le français partagent 60% de vocabulaire en commun. Des mots qui sont ecrit a l’identique dans les deux langues ou avec une petite variation à quelques lettres près.

On est proche de ces chiffres aussi en espagnol, et en italien.

C’est ce qu’on appel les mots apparentes (j’en parle dans le guide “Le chinois avec plaisir et efficacité !”)

De ce côté-là, une partie du travail de mémorisation est déjà à moitié faite, donc on a l’impression d’apprendre plus vite.

En chinois mandarin, les racines de cette langue sont différentes, donc il y a moins de de mots en commun. Cependant très vite, on se rend compte qu’il y a d’autre avantages en mandarin qui permettent une mémorisation aussi rapide sinon plus.

Par exemple l’absence de conjugaison. Donc pas de terminaison différente suivant si c’est un futur antérieur, un impératif passe, prétérit, etc

Donc pas besoin de Bescherelle, on trouve très rapidement ses repères en chinois.

Idem pour les sinogrammes, il y a un système.

Si on est obligé de les apprendre un par un sans connaitre le système, ça va vous prendre des années. Dès qu’on connait en détails la logique de formation, les 5 points de repère et quelques aspects sur le concept cognitif des sinogrammes, les apprendre devient une pure formalité. C’est d’ailleurs pour ca que les recherches ont démontré que lors de la lecture du chinois, les systèmes d’écritures basé sur des caractères comparé a ceux base sur des alphabets est aussi rapide. En réalité, il est même possible qu’il soit plus rapide car un caractère renferme déjà un sens ou même est déjà un mot en lui-même, alors que les lettres d’une syllabe ne sont pas suffisante la plupart du temps.

C’est la force du chinois.

Donc pas besoin d’une capacité surhumaine pour apprendre le chinois.

D’ailleurs J’ai eu des problèmes de santé pendant une longue période qui impactaient ma mémoire. J’ai quand même pu apprendre le chinois malgré une difficulté de mémorisation qui m’handicapait.

En réalité j’ai eu de la chance de pratiquer le Chinois car cela me permettait d’améliorer ma mémoire et de protéger mes capacités cérébrales pendant tout ce temps-là. Donc je ne peux que recommander sa pratique.

Mythe 3 : Les tons du Chinois sont impossibles à reproduire pour un non natif

Le mandarin est une langue tonale et il est nécessaire de pratiquer et s’entrainer à reproduire les quatre tons.

Mais quand vous apprenez l’anglais ou l’italien, ne faut-il pas aussi pratiquer sa prononciation ? Ceci est commun à toutes les langues.

En Chine, il y a une majorité de gens qui ne parlent pratiquement que le patois de leurs régions. La conséquence est que leur mandarin n’est pas très bon.

Un Occidental qui apprend le mandarin apprendra forcément le chinois le plus standard, donc de ce point de vue-là, vous parlerez mieux que beaucoup de chinois eux-mêmes.

Quand on est débutant dans n’importe quelles activités, on est facilement impressionné et même des fois intimidées par les personnes juste un peu plus avancées que nous.

Aussi, les nouvelles compétences qu’on ne maitrise pas encore, demandent un petit temps d’adaptation. Donc ce sont ces phénomènes qui paraissent difficiles au début. Mais si vous ne vous mettez aucune pression, et que vous continuez sans vous poser de questions, vous allez passer ce palier sans vous en rendre compte.

Après vous trouverez ça même trop facile et ne comprendrez pas pourquoi les autres n’y arrivent pas. C’est toujours comme ça. J’en ai été le témoin un nombre de fois incalculable. Tout est une question d’habitude, après c’est comme le vélo.

Mythe 4 : Le mandarin est complètement différent des autres langues ; rien de commun avec les langues européennes.

Le chinois mandarin possède de nombreuses caractéristiques distinctives, mais il y a aussi beaucoup de notions similaire entre le Français et le mandarin.

La structure de la phrase chinoise a beaucoup en commun avec nos structures grammaticales, et les moments où elle s’en écarte, c’est pour être plus simple.

D’ailleurs voici plusieurs bonnes nouvelles :

– il n’y a pas d’articles

– pas de genres

– pas de cas (russe, allemand;) ;

– pas de conjugaison

– le moment de l’action est indiqué dans le contexte

De plus, certains proverbes et idiomes ont une traduction directe en anglais, et quand on sait tout ce que le français et l’anglais partagent, alors on est bien loti avec le chinois aussi.

Mythe 5 : Il faut des années pour pouvoir parler le mandarin au niveau de base.

Je pourrai vous parler de mon expérience ou de celle d’apprenants, d’expatrie ou juste mon avis, mais le mieux c’est de se baser sur des données concrètes et scientifiques. Alors prenons comme base les référentiels des examens internationaux :

Voici les correspondances entre les catégories du HSK, les « normes internationales de compétence en chinois » et le « cadre européen commun de référence pour les langues (CEF) » :

-A1-A2 correspond à un niveau « Élémentaire ».

A ce niveau, on doit est capables de :

 • employer des expressions familières dans votre quotidien ;

• répondre à des questions simples ;

• comprendre des phrases exprimées lentement, des phrases isolées ;

• communiquer pour des tâches simples et habituelles qui requièrent seulement un vocabulaire basique ;

• décrire simplement votre environnement immédiat

Les estimations pour atteindre ce niveau sont d’environ 90 à 200 heures.

-B1-B2 correspond à un niveau « Indépendant ».

A ce niveau, on doit est capables de :

• saisir les points essentiels quand la langue, écrite ou orale, est enfoncée clairement et de manière standard ;

• converser de sujets familiers ;

• raconter un événement, une expérience ou argumenter sur une idée même de manière imparfaite ;

• communiquer spontanément avec un interlocuteur natif• émettre des avis, des préconisations.

Les estimations pour atteindre ce niveau sont d’environ 350 à 600 heures.

Comme on peut le voir, pour la base, 90 à 200 heures suffisent ce qui équivaut à n’étudier que 3 à 4 heures par semaine pendant 1 an.

Donc pour quelqu’un qui décide d’y consacrer une à une heure par jour avec une méthode correcte, il peut atteindre un niveau de base en 6 mois.

Mythe 6 : Pour écrire en chinois il faut absolument apprendre aussi la calligraphie.

On ne peut pas être plus loin de la vérité.

La calligraphie est une activité qui n’est pas obligatoire.

Les gens qui la pratiquent le font dans une démarche volontaire et récréative.

Tous les gens en Europe aujourd’hui        qui écrivent avec une plume et un encrier, c’est plus pour la culture et la tradition que par nécessité.

Bien qu’elle ait beaucoup de choses en commun avec l’écriture normale, cependant la calligraphie n’est pas nécessaire pour écrire les caractères chinois.

Particulièrement les générations nées à partir des années 80, ils écrivent le plus souvent sur ordinateur et sur leur téléphone.

Mythe 7 : Vivre en Chine est nécessaire pour apprendre le mandarin.

Une de mes plus grandes peurs pendant une période, c’était de diminuer mon niveau de mandarin ou de l’oublier si je quittai la chine.

En réalité, votre cerveau ne fait pas la différence où vous vous trouvez si vous continuer de pratiquer la langue.

En étant obligé de séjourner en Europe pendant une longue période j’ai amélioré mon chinois car j’avais conservé une connexion avec la langue. Je pratiquais et lisais tous les jours.

L’immersion ne nécessite pas forcément de voyager.

Je considère le fait de vivre dans le pays et de profiter de l’environnement comme un outil très utile mais pas forcément indispensable. Il n’y a rien de magique dans l’air qui fait qu’on apprend mieux dans le pays d’origine.

Mythe 8 : Apprendre le mandarin est une perte de temps car il ne remplacera jamais l’anglais comme langue internationale.

Je pense aussi que l’anglais conservera sa place de langue internationale. Cependant la connaissance du mandarin vous offre des opportunités de carrière très intéressantes et qui seront de plus très appréciées.

En matière d’activité, la Chine restera certainement le plus grand marché du monde pour encore un bon moment.

La connaissance du mandarin est une compétence efficace en particulier lorsqu’elle est associée à d’autres expertises (business, informatique, ingénierie, etc.)

Au tout début de mes études, quand je disais que j’apprenais le mandarin on me disait que j’étais fou ou que j’étais un marginal. Aujourd’hui les gens me disent qu’il m’admire pour avoir un tel don linguistique et j’ai fait un choix intelligent en misant sur le chinois …

Je pense qu’il n’est pas trop tard, bien au contraire, c’est même le meilleur moment car nous vivons une époque historique et avec les connaissances didactiques que nous avons aujourd’hui, apprendre le chinois n’est plus difficile.

Il suffit de s’y mettre.

Je n’ai jamais vu personne faire un arrêt cardiaque en apprenant le chinois, au contraire, j’ai vu des gens s’émerveiller, s’améliorer, parmi bien d’autres découvertes.

Comme toute chose, quand on ne connaît pas on a peur. Alors la meilleure chose pour connaitre c’est d’essayer et de se faire sa propre opinion.

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