Parler chinois, un atout sur le marché de l’emploi ?

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Milieu de l’entreprise en Chine

Qu’est-ce que la nouvelle vedette française de cinéma Laura Weissbecker, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg, la petite fille du président des États-Unis Arabella Trump et le champion de catch WWE John Cena ont en commun ?

Ils parlent tous chinois !

Bien entendu ce n’est pas cette compétence qui les a propulsés là où ils sont, mais si ces personnalités ont appris et parlent le chinois à diffèrent degré, c’est qu’il y a bien des raisons.

Le Chinois n’a pas atteint l’omniprésence de l’anglais dans les écoles en France ou en Europe, ni même ceux de l’espagnol dans les instituts d’apprentissage des États-Unis, mais la croissance qu’il montre est exponentielle.

Aux États-Unis, entre 2002 et 2005 seulement, il y a eu une augmentation de 52% des étudiants de l’enseignement supérieur qui étudient le chinois, et en 2015, il y a 550 écoles primaires, secondaires et secondaires américaines proposant du chinois, une augmentation de 100% par rapport aux deux années précédentes.

Pour la France, en 2001, 4000 collégiens et lycéens étudiaient le chinois, en 2018 ils étaient plus de 32000. L’enseignement du chinois concerne, actuellement plus de 5000 élèves parisiens dans les collèges et lycées. 
En deux ans seulement, le nombre d’élèves parisiens qui apprennent le chinois a augmenté de 32%.

La capital compte une cinquantaine d’établissements et quatre écoles élémentaires qui proposent en options ou en langue vivante LV1,2,3 des cours de chinois à leurs élèves.

Qu’est-ce qui explique cette augmentation rapide ?

En plus d’être la langue la plus parlée au monde, le chinois est récemment monté sur le ring avec l’anglais comme langue du commerce international.

Sachant que les entreprises ont un besoin croissant d’employés multilingues alors qu’elles se développent dans la deuxième économie du monde et bientôt la première, de plus en plus, les gens adoptent le Chinois pour renforcer leur CV.

Chez PSA Peugeot-Citroën, le premier constructeur automobile français installé en Chine depuis plus de 30 ans, le chinois est une langue d’avenir, dans une zone destinée à devenir très importante pour la croissance du groupe. Au début des années 2000, la seule mention de savoir parler chinois pouvait vous donner un travail. C’est d’ailleurs la première chose que m’avait dit mon voisin de palier quand je réfléchissais à quel parcours scolaire j’allais choisir. Il m’avait dit : « tu sais, mon pays est en train de s’ouvrir, si tu apprends le chinois, tu auras à manger toute ta vie ! »

Bien que ce n’était pas ma raison principale pour apprendre cette langue, je dois avouer que cette raison supplémentaire était aussi assez motivante et a fait pencher la balance encore un peu plus en faveur de l’apprentissage de cette langue.

Et il avait raison car à cette époque et les années qui ont suivis, la seule mention de « compétence professionnelle – chinois mandarin » sur mon curriculum vitae était suffisante pour décrocher un emploi dans l’import-export ou autre domaine commercial international.

Cependant avec l’émergence des nouvelles techniques, le monde a beaucoup changé et très vite. Aujourd’hui cette compétence seule ne suffit plus. Mais c’est la vérité pour toutes les industries pour tous les pays. Le 21e siècle demande d’avoir plusieurs compétences. Vous ne pouvez plus juste vous reposer sur une seule compétence. Maintenant il faut être plus créatif, plus polyvalent, avoir des idées, savoir s’adapter, etc. Donc, la question est plutôt de savoir est ce que le Chinois est une compétence qui va peser dans votre CV ?

Une candidature qui retient davantage l’attention

Une de mes amis qui travaille pour les fortunes 500 compagnies m’a dit que d’après lui, lorsqu’on postule pour un emploi, nos compétences et expériences permettront de mettre le pied dans la porte.

Mais lorsque le responsable du recrutement aura une centaine de CV presque identiques, ce sera la mention « chinois » sur le vôtre qui vous distinguera et vous permettra d’obtenir un entretien.

Lorsque les ressources humaines lisent un CV, ils regardent le cursus de base, puis les langues. Si le fait de parler chinois n’est pas forcément déterminant, cela reste un facteur de différenciation considérable. Même si vous avez une carrière sans rapport avec le chinois, le fait que vous parliez la langue sera toujours un point en votre faveur.

Voilà une information intéressante, mais pourquoi ?

On sait aujourd’hui que pour les postes à responsabilités, on évalue à les manager pas uniquement sur leur qualité technique mais aussi humaine comme leurs caractères, leur personnalité et leur démarche lorsqu’il faut résoudre un problème. Les grandes directions savent pertinemment que qu’apprendre le chinois n’est pas une activité comme une autre.

Montrer qu’on est capable de persévérer dans une tâche frustrante, souvent fastidieuse et relever un tel défi, cela ne peut que vous rendre non seulement unique, mais aussi plus désirable. En apprenant le chinois, on devient nettement plus compétitifs sur le marché de l’emploi aussi bien en France qu’à l’international.

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Les connaissance culturelles et linguistiques sur place pour être plus proche de ses clients. (photo by Alva Pratt (unsplash)

Les écoles s’adaptent

Dans le privé tout comme dans le public, les écoles de management, d’ingénieurs, écoles de commerce ou de marketing, se sont rapprochées de la Chine et de l’Asie en général.

Elles proposent des initiatives qui suivent la tendance économique et linguistique comme d’étudier le mandarin, d’étudier en Chine, la mise en place de doubles diplômes, des campus délocalisés en Chine, des séjours linguistiques, des stages en Chine ou en Asie avec Shanghai et Pékin comme destinations phares.

A noter que les écoles et universités chinoises ne permettent d’accéder à leur cursus universitaire que si les étudiants des autres pays ont satisfait aux prérequis de langues. En effet le minimum est d’obtenir le HSK niveau 5 et suivant la notoriété de l’école, le niveau 6 (le plus haut aujourd’hui) peut-être réclamé. Le HSK étant en ce moment en révision et en vue de passer à 9 niveaux au lieu de 6, il est possible que dans le futur la barre soit encore plus haute.

Ceci est bien compréhensible quand on sait qu’en dehors des métiers qui requièrent une forte expertise technique, comme la finance, le contrôle de gestion, etc. les recruteurs étrangers ou chinois sont à la recherche des profils qui connaissent la culture chinoise. C’est donc en parallèle d’une spécialité que les étudiants d’écoles supérieures prennent des cours de mandarin, pour répondre au marché du travail en Chine pour lequel “la connaissance du chinois est exigée”.

Les difficultés des entreprises

Les différences culturelles, la manière de penser, les codes de relation interpersonnelle et le manque de compréhension entre les deux pays peuvent entraîner pas mal d’inconvénient lors de l’exercice professionnel, et à termes compromettre la rentabilité des entreprises.

Ainsi pour augmenter sa productivité et l’efficacité de son management, dans l’idéal un manager français qui parle bien le chinois pourra se passer d’interprète.

En effet c’est un risque en moins puisque ce dernier, s’il a des intérêts dans la négociation, peut prendre le contrôle des communications avec tous les dangers que cela représente.

Aussi avec ce mur invisible entre l’équipe et son responsable, la connexion du manager avec son équipe ne sera jamais vraiment établie. Ce genre de problème empêche les entreprises de travailler à leur potentiel réel et ne peut pas avoir une expérience totale sur le terrain ni être suffisamment compétitive.

Pour pallier à ça les entreprises Françaises veulent s’adapter et fournissent à leur employés expatriés et leur famille des moyens de s’initier à cet environnement chinois. Au programme : formation aux codes culturels, étiquette chinoise, leçons d’histoire et de mandarin. Les cours de culture chinoise sont beaucoup plus importants qu’on ne peut le croire car cela permet à tout manager d’éviter tous gestes, remarques ou signes qui pourraient être mal interprétés dans une culture si particulière.

Pas de panique, la perfection n’est pas encore exigée

Si la maîtrise du chinois apporte aux aspirants à l’embauche une plus-value non négligeable, l’anglais reste la norme sur le marché du travail.

Selon les besoins et les domaines les entreprises d’une majorité de secteurs ne demande pas aux employés de parler parfaitement chinois, mais ils doivent avoir le niveau pour entrer en contact et créer un lien de confiance avec leurs collègues et les entreprises partenaires.

Un niveau de HSK 4 permettra de travailler en équipe sans trop de problèmes de communication au sein de l’entreprise. Un HSK de niveau 6 permet une meilleure autonomie pour un employé français devant démarche des clients chinois en direct.

À noter que des formations cible en chinois des affaires comme le BCT permettent d’être opérationnel plus rapidement en se concentrant uniquement sur le domaine commercial et sont très appréciées par certaines entreprises.

De plus, même si le poste ou la fonction de l’employé français ne demande pas sa maîtrise du chinois, cependant lors des échanges avec les partenaires locaux, il est toujours très apprécié que ceux-ci puissent converser un minimum ou faire preuve de quelques expressions de politesse si chère à une culture bâtit sur une pensée confucéenne. Ce qui se traduira par une fortification du tissue relationnel entre les entreprises.

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Les consommateurs chinois, entre tradition et hyper modernité

Des besoins en relations avec des capacités

“L’apprentissage du chinois nécessite une discipline qui se paye avec du temps et de la patience et si le chinois n’est pas bien maîtrisé, parler anglais fera aussi bien le travail. Ce n’est pas celui qui parle le mieux chinois qui fait les meilleurs affaires, payer un interprète pour faire du commerce sera aussi rentable. ”

C’est l’opinion soutenue par Julien R. expatrié à Pékin et rédacteur de la section français d’un journal de la capital chinoise.

Cet avis ne semble pas faire l’unanimité parmi les autres membres de la communauté des expatriés ;

“Je ne travaille pas dans un département qui vise le marché français ! Moi, mes clients sont tous chinois, donc savoir parler mandarin n’est pas une option. Et puis je suis à mon compte, si je ne vends pas, comment je vais manger et payer l’école de mes enfants ? Je dois être suffisamment persuasif pour convaincre mes clients, donc je ne peux pas me permettre de baragouiner, il faut savoir s’exprimer suffisamment bien pour valoriser sa marque. ” Partageait Jean U. Gérant d’une société à Shanghai.

 Suivant le secteur d’activité le besoin d’intégration sera plus ou moins important et l’apprentissage du chinois sera plus ou moins indispensable. Même les villes centrales où les populations occidentales sont assez présentes comme Shanghai, pékin, Canton ou Hong Kong, ce n’est pas tout le monde qui est capable de parler anglais. Et en dehors de ces villes, dire que la Chine actuelle ne parle pas bien l’anglais est un euphémisme.

Faire de la traduction, traiter avec un client ou répondre à une demande faite par des Chinois, la maîtrise du mandarin est un atout très apprécié dans le milieu professionnel. Il peut même arriver que certains hommes d’affaires chinois ne fassent pas de business avec vous si vous ne parlez pas leur langue. Tout simplement car leur marché local est suffisant pour leur capacité à y répondre et ils n’ont pas toujours besoin de plus de débouchés. Ce qui n’est pas vrai pour les entreprises étrangères qui manquent de client et qui sont obligées de chercher des clients à l’étranger.

Ainsi comment est-il possible d’attirer ou communiquer avec les chinois si vous ne parlez pas leur langue ? Les entreprises qui sont en contact avec la réalité le savent bien. Ainsi parler chinois n’est pas indispensable, mais c’est un avantage concurrentiel qui n’est pas négligeable et peut rapporter gros…

Aussi un autre point très important, c’est la réelle compréhension de la culture derrière la langue. Car on ne fait pas affaire en chine comme on le fait dans le reste du monde. Une personne qui a une vraie connaissance du terrain sera faire la différence entre la partie culturelle et les ruses stratégiques dissimulées sous le voile de la culture.

Les secteurs et leurs opportunités

Les chiffres de l’empire du milieu n’arrêtent pas de faire tourner la tête. La classe moyenne chinoise, qui a déjà rattrapé et surpassée celle de la France en termes de niveau de vie, devrait être trois fois plus nombreuse en 2022.

Avec la volonté du parti communiste chinois d’être le leader mondial du numérique et de l’intelligence artificielle en 2025, les domaines comme l’e-commerce et les jeux pour mobiles ont des taux de croissance faramineux et font de la chine le plus grand marché connecté du monde.

Toujours drainer par cette classe moyenne qui consomme toujours plus, l’industrie du cinéma et le tourisme frappent aussi très fort. Ce qui est d’ailleurs une bonne nouvelle pour les entreprises du luxe qui veulent tirer parti du pouvoir d’achat de cette population qui porte de l’intérêt pour les produits étrangers. D’ailleurs nombreuses sont les entreprises qui ont déjà un pied dans l’Empire du Milieu et sont à la recherche de talents français qui maîtrisent le mandarin et en connaissent les us et coutumes.

En résumé

Avec le durcissement de la recherche d’emploi en France, les compétences en langues étrangères et les expériences telles que les séjours en immersion à l’étranger sont maintenant très appréciées par les employeurs ! Avec l’avènement du commerce en Chine et la place que comptent y jouer les entreprises Françaises et des autres pays, l’atout d’avoir le mandarin sur son CV est un avantage qui n’est pas à négliger.

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